21.02.11 - Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) doit limiter l’acceptation de patientes en chirurgie, parce qu’une bactérie résistante aux antibiotiques a été décelée. La bactérie qui a attaqué l’Hôpital de Payerne au début de février est probablement venue au CHUV portée par des patients transférés de la capitale broyarde à Lausanne avant que l’épidémie ne soit décelée.
Une vingtaine des patients ont été touchés par cette bactérie qui résiste à de nombreux antibiotiques. Sur ces vingt, six restent hospitalisés. Trente-huit autres sont susceptibles d’être porteurs: ils ont été regroupés avec les six dans la moitié nord du 15e étage du CHUV, dans les services de chirurgie viscérale et thoracique où s’est déclarée cette bactérie. Un seul a été infecté en raison de la présence de cette bactérie, mais son cas présente peu de gravité.
La Suisse est un pays épargné par bactéries résistantes aux antibiotiques et le CHUV entend que cette situation privilégiée perdure. Les trois cas déjà décelés au CHUV venaient de patients de l’étranger et n’ont pas fait souche. C’est pourquoi l’établissement a pris des mesures drastiques pour éradiquer la menace.
L’hôpital utilisera avec parcimonie les antibiotiques qui viennent encore à bout de cette bactérie pour éviter qu’elle ne devienne plus résistante encore. Aucun patient ne sera accepté dans le demi-étage du CHUV jusqu’au départ du dernier porteur et la désinfection des locaux. Ce qui prendra au minimum deux semaines, peut-être quatre.
Cette mesure apparemment banale a un effet domino sur le système hospitalier vaudois. En effet, dans cette partie provisoirement «condamnée» se trouve l’une des deux salles de soins continus pour la chirurgie viscérale, thoracique et urologique. Comme le passage aux soins continus est indispensable après une intervention chirurgicale, l’activité du CHUV dans ces domaines va être fortement perturbée. En effet, jusqu’à aujourd’hui, entre la moitié et deux tiers des opérations ont été annulées. Seulement les opérations viscérales les plus urgentes et les plus importantes se feront effectivement au CHUV. Les autres seront reportées dans le temps ou effectuées ailleurs.
Le 17 février, le médecin cantonal a reçu les responsables des hôpitaux régionaux et des cliniques afin de pallier ce ralentissement de l’activité du CHUV. Le CHUV a augmenté son nombre de lits dans d’autres parties. Plusieurs hôpitaux et cliniques pourraient également accueillir des patients du CHUV.